Vers une meilleure intégration des professionnels de la santé formés à l'étranger
Les diplômés en sciences infirmières et les médecins formés à l'étranger, constituent une main d'oeuvre non négligeable du système de santé canadien. Parmi les infirmières autorisées en exercice au pays, on compte aujourd'hui 6 à 8 % de diplômées étrangères. Les médecins formés à l'extérieur du Canada représentent eux 22 % des effectifs nationaux. Pourtant, nombreux sont encore les diplômés internationaux du secteur de la santé, à ne pas encore pouvoir pratiquer en terre canadienne.
Conscient que cette main d'oeuvre pourrait permettre d'endiguer la pénurie de personnels de ce secteur, tout en aidant à réduire les délais d'attentes dont souffrent actuellement les Canadiens, le gouvernement fédéral associé aux provinces et territoires, a mis en place en 2004, l'Initiative relative aux Professionnels de la Santé formés à l'Etranger (IPSFE) afin de favoriser leur intégration.
De nouveaux outils
Sept professions sont au coeur des préoccupations de l'IPSFE : la médecine, les sciences infirmières, les sciences de laboratoire médical, la technologie de la radiation médicale, la pharmacie, la physiothérapie et enfin l'ergothérapie. Du côté de la médecine notamment, un site Internet destiné aux diplômés internationaux en médecine (DIM) a vu le jour. www.img-canada.com regroupe des renseignements clairs et détaillés sur les exigences relatives à l'exercice de la profession de médecin en territoire canadien. Entre le 1er juillet 2006 et le 28 février 2007, ce site a reçu en moyenne 432 visites par jour.
D'autre part, un programme multimédia de perfectionnement, destiné aux enseignants des DIM, a été créé, avec la participation de 17 facultés de médecine, partout au Canada. De son côté, le Conseil médical du Canada réfléchit avec ses partenaires à l'élaboration d'outils communs d'évaluation de ces diplômés afin de créer une approche cohérente de cette problématique à travers le pays.
Créé en 2004, le Groupe de travail sur les diplômés internationaux en sciences infirmières poursuit ses efforts en matière d'informations, d'éducation et d'évaluation. Ces projets nationaux s'accompagnent également d'actions propres à chaque province.
Les réalisations provinciales
Depuis 2006, toutes les provinces et territoires du pays ont œuvré dans l'élaboration de programmes destinés aux professionnels de la santé formés à l'étranger. Ainsi, de nouveaux organismes réservés à ces populations se sont créés, notamment en Ontario, en Colombie-Britannique et au Saskatchewan. Ces centres offrent du conseil à ces professionnels. Lors de sa première semaine d'activité, le département de Professions Santé Ontario, destiné à informer les diplômés étrangers, a reçu plus d'une centaine d'appels. Du côté de la Nouvelle-Ecosse, le service d'encadrement, spécialisé en recherche d'emploi pour les professionnels formés à l'extérieur du pays, a offert deux cents séances de conseil en 2006. La province travaille également à la création d'un portail d'informations destiné aux infirmières autorisées ayant fait leurs études à l'étranger.
Les sciences infirmières sont également au centre des actions menées au Nunavut. Dans ce territoire, un programme a été élaboré afin d'aider les diplômés internationaux en sciences infirmières à réussir l'Examen d'autorisation infirmière au Canada (EACI). Ce service les aide également à trouver un emploi au Nunavut.
Il est à noter encore que depuis début 2007, le gouvernement du Manitoba et le Collège des médecins et chirurgiens de cette province ont approuvé des changements relatifs au processus d'évaluation des diplômés internationaux en médecine afin de leur permettre de pratiquer dans les régions rurales. Ces nouvelles dispositions offrent une aide accrue à ces professionnels et facilitent leur transition dans leur nouveau milieu de travail.
Des efforts restent à faire
Difficile encore de savoir quel impact l'ensemble de ces nouveaux programmes aura sur l'intégration des professionnels de la santé formés à l'étranger. Si ces initiatives vont incontestablement dans le bon sens, des efforts sont encore à faire, comme le montre la situation actuelle du Québec.
En effet, si, sur l'ensemble du pays, les effectifs de médecins étrangers sont en moyenne de 22 %, dans la Belle Province, ces derniers chutent à 11 %. Au Saskatchewan, les chiffres dépassent les 40 %. Pourtant, au Québec également, les initiatives se mettent en place pour aider l'intégration des médecins étrangers. La création de Recrutement Santé Québec en est un exemple.
Toutefois, sur le terrain, des problèmes demeurent. L'obligation de maîtriser le français et la complexité du système de sélection de la province peuvent en partie expliquer ce phénomène. La cause des médecins étrangers dans la Belle Province est maintenant défendue par la Coalition des associations de médecins diplômés à l'étranger (http://médecinsdailleurs.com). Cet organisme à but non lucratif, officiellement créé en mai 2007, offre toute une gamme de service aux professionnels de la santé étrangers, vivant au Québec.