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Zoom sur les médecins de famille en zone rurale

Si l'ensemble du territoire canadien manque cruellement de professionnels de la santé, les zones rurales sont encore plus touchées par ce phénomène. Ainsi, seulement 9,4 % de tous les médecins du pays exercent dans des régions rurales qui comptent pourtant 21 % de la population canadienne1. Ces zones rurales, où l'on retrouve de nombreuses industries du secteur primaire, telles que les mines, l'agriculture ou la pêche, ont pourtant autant besoin de médecins que les zones urbaines. Conscients de cette déficience, les provinces et territoires ont mis en place, depuis plusieurs années, un certain nombre de programmes destinés à favoriser l'installation des médecins en régions. Ces mesures associées à d'autres facteurs rendent aujourd'hui la pratique de la médecine familiale en zone rurale très attractive.

Une pratique diversifiée

Alors que toutes les études tendent à montrer une diminution des actes pratiqués par les omnipraticiens en zone urbaine, les médecins de famille exerçant en zone rurale sont amenés à offrir un panel de soins plus diversifié. En 2004, 33 % des médecins de famille situés dans les régions les moins peuplées du Canada avaient réalisé des accouchements, contre 9 % pour les omnipraticiens exerçant dans les plus grandes villes du pays2.

Dans la même veine, il leur arrive plus fréquemment de prodiguer des soins en anesthésiologie, en gériatrie et en chirurgie. En 2004, ils étaient ainsi 74 % à avoir dispensé des soins en salle d'urgence contre seulement 15 % de leurs homologues urbains3.

Plus autonomes dans leur pratique, les médecins de famille en zones rurales, doivent pallier le manque de spécialistes, qui sont seulement un peu plus de 2 % à exercer dans ces régions. Leur rôle est donc crucial puisqu'ils permettent de rendre plus accessibles certains soins médicaux auxquels n'auraient pas accès la population sans eux. En effet, dans les régions les moins peuplées du pays, les gens doivent parfois parcourir plus de 100 km pour avoir accès à un spécialiste, tel qu'un pédiatre ou un psychiatre.

Une reconnaissance de la communauté

A cette pratique diversifiée s'ajoute une certaine qualité de vie appréciée par les médecins. Ainsi le sondage de 2001sur la pratique en milieu rural au Canada démontre que plus des trois quarts des médecins interrogés ont déclaré se sentir appréciés par leur communauté et 70 % d'entre eux éprouvaient même un sentiment d'appartenance à celle-ci. Bien intégrés à leur collectivité, les omnipraticiens ruraux étaient également à 70 % satisfaits des possibilités récréatives offertes dans leur région4.

Certes, tout n'est pas rose en zone rurale. Les médecins sont en effet plus mitigés dans leur degré de contentement quant aux activités culturelles ou aux possibilités d'emploi ou de carrière pour leurs conjoints. Au niveau professionnel, l'autonomie de la pratique en région peut aussi s'accompagner d'une certaine solitude et l'avancement professionnel peut être une source d'insatisfaction pour certains. Ces préoccupations ne laissent pas les régions indifférentes qui, depuis plusieurs années, multiplient les actions pour tenter d'y répondre au mieux.

Nombreux incitatifs

Avec seulement 14 % de sa population vivant en zone rurale, l'Ontario est pourtant la première province à avoir mis en place, en 1969, un programme visant à promouvoir ses régions. Les autres provinces et territoires ont suivi. Mais force est de constater que malgré ces initiatives, le manque de médecins en zones rurales se fait toujours cruellement sentir.

Face à ce problème récurrent, le gouvernement fédéral a accordé, en 2005, à la Société de la médecine rurale du Canada, une enveloppe de 153 895 $ répartie sur trois ans. Avec ces fonds, la SMRC doit notamment mettre au point des stratégies visant à recruter et à maintenir en poste des médecins en milieu rural et à améliorer les programmes d'enseignement de la médecine dans ces régions.

A cette stratégie pancanadienne s'ajoutent les efforts fournis par les collectivités pour attirer les omnipraticiens. Ainsi, comme nous l'apprend le guide d'information « Stratégie en santé rurale » de 2003, du Conseil ontarien des affaires rurales, de nombreux incitatifs existent à travers le pays. Parmi eux, des subventions d'encouragement financier, des logements gratuits ou bon marché, des véhicules de fonction, des aides à l'emploi pour le conjoint ou encore des aides pour l'intégration des enfants à l'école.

Si un long chemin reste à parcourir pour parvenir à une pratique idéale de la médecine en zone rurale, celle-ci offre toutefois des perspectives intéressantes. L'avenir réserve une place de choix aux médecins de famille ruraux, maillons essentiels pour une meilleure accessibilité des soins en régions.

1 2 3 Rapport Répartition Géographique des médecins au Canada, Institut Canadien de l'Information sur la Santé, 2005.

4 Commentaires tirés du sondage sur la pratique en milieu rural au Canada, 2001, Association Médicale Canadienne.



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